
Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud, à Paris
Il fallait une gare, un point de départ, une ville traversée par le tumulte et l’appel du large. C’est donc tout naturellement, à deux pas de la gare de l’Est, que la Société des Hôtels Littéraires a choisi de rendre hommage à Arthur Rimbaud.



Quand la poésie impose une pause dans le voyage
Une adresse que l’on retrouve rue Gustave-Goublier, derrière le Passage Brady, et qui livre un hôtel quatre étoiles célébrant le plus insaisissable des poètes français. Un hommage à celui qui fit de la fuite, du voyage et de la réinvention permanente une œuvre à part entière.
Cinquième-né de la collection, l’Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud est le premier à être entièrement dédié à un poète. Un choix fort, à l’image de cet adolescent fulgurant qui bouleversa la littérature avant de disparaître du paysage des lettres à vingt ans à peine.
Dès l’entrée, le décor donne le ton. Un plafond peint inspiré du Bateau ivre par l’artiste Jean Aubertin ouvre le séjour sous une nuit étoilée, tandis qu’un portrait de Rimbaud signé Ernest Pignon-Ernest veille sur les lieux. Les 41 chambres se déploient ensuite comme autant de chapitres de son œuvre et de sa vie. Les premiers étages évoquent le Rimbaud adolescent et ses poèmes fondateurs : Ophélie, Roman, ou Ma Bohême. Plus haut, place à la rupture et à l’expérimentation, avec Une saison en enfer et Les Illuminations, avant que le dernier étage ne se consacre aux villes du poète : Charleville, Bruxelles, Londres, Aden ou Harar.
La décoration, récemment repensée par Aleth Prime, décline une palette de verts, couleur obsessionnelle chez Rimbaud, en écho à sa fascination pour la nature et les paysages lointains. Papiers peints végétaux, motifs de fougères gravés dans les salles de bain, références à Tête de faune ou aux « nuits vertes » du Bateau ivre composent une atmosphère à la fois poétique et contemporaine. Chaque chambre est personnalisée par une aquarelle originale de Jean Aubertin, accompagnée d’un poème et d’un texte explicatif, tandis qu’un livre vous attend sur la table de nuit, pour des rêves tout en poésie.
Au rez-de-chaussée, la grande bibliothèque vitrée dévoile éditions originales, manuscrits et reliures rares, dont Une saison en enfer dans son édition de 1873. On s’y attarde volontiers, installé près de la fontaine à absinthe, à consommer avec une modération appropriée. Plus qu’un hôtel : une adresse en forme d’escale.
Nuitée à partir d’environ 150 €
Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud
6 rue Gustave-Goublier, 75010 Paris