
by Capucine Gougenheim Geagea.
Sophie Calle celebrates the unfinished at an intimate book signing at the Book Bar of the Hôtel Grand Amour
À l’occasion de la parution de L’Inachevé, Sophie Calle met en lumière ce que la création laisse habituellement dans l’ombre:les projets interrompus, les pistes abandonnées, les idées restées en suspens. Présenté lors d’une signature intime au BookBar de l’Hôtel Grand Amour, ce recueil explore l’inachevé non comme un manque, mais comme une forme d’accomplissement artistique.


L’inachevé comme une matière à part entière
À l’occasion de la parution « L’Inachevé », Sophie Calle a proposé un rendez-vous rare et confidentiel au BookBar de l’Hôtel Grand Amour, le 12 février.
Une signature pensée comme une extension naturelle de son œuvre, un rendez vous intime pour présenter cet ouvrage présenté comme un carnet intime et rendre hommage à son ami « Emmanuel Delavenne dont la vie s’est achevée trop tôt », cofondateur des hôtels Amour et inspirateur des « chambres de style » du Fooding, à qui Sophie Calle a dédicacé le livre.
Dans ce nouvel ouvrage publié chez Actes Sud, l’artiste rassemble des projets laissés en suspens, des pistes abandonnées, des gestes interrompus, des zones où les idées s’interrompent, sans jamais disparaître, non comme des regrets, mais comme une matière à part entière.
Chaque récit porte la trace de son arrêt, signalé par une mention rouge qui en révèle la cause.
L’ensemble compose un contrechamp discret à « Histoires vraies », publié pour la première fois en 1994, et éclaire plusieurs décennies de création sous un jour inédit.


Un hommage et une dédicace au cofondateur des hôtels Amours disparu trop tôt
On y retrouve ce qui traverse toute l’œuvre de Sophie Calle: le rôle du hasard, les rencontres imprévues, l’attention portée aux griffures du réel, et surtout cette conviction que l’inachevé n’est pas un manque, mais une forme d’aboutissement.
L’échec y devient moteur, l’essai une finalité en soi.
Cette réflexion prolonge celle amorcée lors de l’exposition « À toi de faire, ma mignonne », présentée au Musée Picasso en 2023, où l’artiste avait déjà choisi de montrer ses projets non aboutis, exposant sans filtre la mécanique intime de la création.
Dans l’atmosphère feutrée du BookBar, cette rencontre a pris des allures de conversations, installés dans les canapés près de la bibliothèque. Un moment pour célébrer une œuvre qui, depuis la fin des années 1970, brouille volontairement les frontières entre art et vie, texte et image, fiction et réalité.
Une démarche qui fait écho à cette phrase de Pablo Picasso, souvent citée par Sophie Calle: « le presque achevé comme espace vivant ».
Une pensée qui résonne particulièrement dans ce livre où ce qui n’a pas eu lieu trouve enfin sa forme et ce qui a disparu, reste
On attend bientôt l’inauguration de la chambre de l’artiste qui prendra résidence dans l’hôtel, invitée au départ par son ami Emmanuel.
BookBar – Hôtel Grand Amour
18, rue de la Fidélité
Paris 10è